Longtemps considérée comme le berceau de la musique urbaine en République démocratique du Congo, la commune de Ngaliema semble aujourd'hui retrouver son influence grâce à l'émergence d'une nouvelle génération d'artistes.
Dans les années 2000, Ngaliema s'était imposée comme une référence avec des figures emblématiques telles que Marchal Dixxon, Kamelia pour n' en citer qu'eux. Cependant, au fil des années, la commune a progressivement perdu son leadership au profit d'autres quartiers de Kinshasa.
Le district de Tshangu a ensuite dominé la scène urbaine congolaise, porté notamment par des artistes comme Axe La plume, DSM malpol, 243 et Gaz Mawete, originaire de Masina. Leur ascension a ouvert la voie à plusieurs artistes issus de cette partie de la capitale, qui ont marqué durablement la nouvelle génération.
Par la suite, Matete est devenue l'un des principaux foyers de la musique urbaine grâce au duo MPR, composé de Zozo Machine et Yuma. La commune a également vu émerger des artistes comme Khonee, qui revendique fièrement ses origines dans son morceau « Toyebani », où il lance la phrase devenue populaire : « Matete eza camp miné ». Gaz Fabolous figure également parmi les artistes associés à cette commune.
Aujourd'hui, avec l'essor de la New Wave congolaise, Ngaliema semble reprendre sa place sur la carte du rap et des musiques urbaines. Plusieurs artistes en pleine ascension en sont originaires ou fortement liés à cette commune, à commencer par Bogo The Goat, actuellement l'un des rappeurs congolais les plus écoutés sur Spotify en nombre d'auditeurs mensuels. À ses côtés, Flacko et C2B — bien que ce dernier ne soit pas originaire de Ngaliema — contribuent également à renforcer l'image de cette commune, devenue un véritable point de ralliement pour une partie de cette nouvelle scène.
Reste désormais à savoir si cette dynamique permettra à Ngaliema de redevenir, sur la durée, la commune de référence de la scène urbaine congolaise.